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L'Univers de Sophie Hykes

Monday, October 31 2016

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Post by Soieries du Mékong

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Chez Soieries du Mékong, chaque personne est clé pour faire rayonner la marque et ainsi permettre d’augmenter l’impact social sur les artisans. A travers les créations qu’elle dessine et sa grande expertise du tissage à la main, Sophie Hykes est l’un des piliers de Soieries du Mékong.  Après une formation textile à la très réputée Ecole ESAA Duperré, elle s’est spécialisée dans le tissage à l’ENSCI, séduite par la découverte de cet incroyable savoir-faire. Elle a rejoint l’aventure Soieries du Mékong il y a 5 ans déjà en tant que styliste. Après plusieurs séjours au Cambodge, elle maîtrise désormais le khmer et travaille en lien avec l’équipe en France et au Cambodge. A travers ces quelques questions, elle nous raconte son parcours et nous fait découvrir son univers…

 

L'Univers de Sophie Hykes

Comment as-tu décidé de devenir styliste ?


A vrai dire, je ne sais pas d'où l'idée m'est venue ! Ce qui est sûr, c'est qu'elle s'est affirmée vers la fin du lycée, en partie en réaction à ces 3 années de bachotage peu épanouissantes. Si mes parents ont été quelque peu surpris (pour ne pas dire inquiets !) de mon choix au départ, j'ai très rapidement pu bénéficier de leur soutien et encouragements sincères au vu de mes rapides progrès dans le domaine artistique. Et puis cette idée, elle s'est affinée et a pris tout son sens lorsque j'ai choisi de devenir designer textile et non pas styliste vêtement.

 

Depuis combien d’années travailles-tu pour Soieries du Mékong ?


J'ai rejoint Soieries du Mékong en tant que styliste en Avril 2011: cela correspond aux 10 dernières collections, la 11ème sera à découvrir au printemps prochain, et la 12ème est en cours de création!

 

Quelle a été ta motivation pour travailler pour cette marque ?


J'ai découvert Soieries du Mékong lorsque Gonzague de Borde est venu présenter l'entreprise à l'ENSCI Textile dans sa recherche de styliste-stagiaire en 2009. En réalité, j'avais plutôt pensé à aller en Inde à ce moment-là, mais sa présentation passionnée du projet social et du potentiel d'évolution en création, ainsi que la perspective d'aller rencontrer des tisserandes à l'autre bout de la planète m'ont rapidement convaincue.

 Mon stage chez Soieries du Mékong m'a, sans surprise, énormément plu, tant pour le chaleureux accueil et la confiance accordée côté français, que pour les extraordinaires rencontres côté cambodgien. Sans oublier la satisfaction d'avoir participé activement à un projet social sincère et de qualité, et celle d'avoir pu mettre parfaitement en pratique mes compétences en design textile.  C'est donc pour toutes ces raisons que je suis revenue travailler pour Soieries du Mekong une fois mon dernier diplôme en poche.



En quoi consiste ton travail de styliste au sein de Soieries du Mékong ?

La création d'une nouvelle collection pour Soieries du Mekong démarre avec le choix des couleurs qui vont définir les 5 ou 6 univers colorés de la saison, en accord avec les tendances et dans le respect de l'identité mode de Soieries du Mékong. Le choix des couleurs se fait principalement grâce à notre historique de teinture, mais chaque saison amène son lot de couleurs inédites ; j'aide parfois les coloristes de Banteay Chhmar à trouver la bonne formule pour les obtenir.

Suivent l'élaboration du plan de collection et la recherche de nouveaux modèles via la création de motifs, la recherche de nouvelles techniques de tissage et de nouvelles matières, voire de finitions différentes. Pour les motifs et techniques de tissage, je schématise mes idées, puis je réalise des maquettes sur des logiciels de dessin, que je décline ensuite en couleurs.

C'est un pré-choix seulement car nous ne validerons les déclinaisons que grâce au nuancier tissé avec toutes les couleurs de la collection, qui nous permettra ainsi de visualiser les teintes réellement obtenues par le croisement des fils.

 

 

Sophie entourée d'une partie de l'équipe de l'atelier à Banteay Chmar

 

Comment cela se passe-t-il du prototypage à la production ?


Pour chaque prototype, et plus tard chaque modèle, je remplis une fiche technique avec tous les paramètres du tissage voulu, que les équipes au Cambodge vont habilement décrypter pour préparer la chaine, l'installer sur le métier puis enfin tisser le foulard. Les tests obtenus permettent de définir tantôt les bonnes proportions d'un motif, tantôt la meilleure équation de tissage pour l'introduction d'une nouvelle matière (coton, lin, laine-cachemire…), ils servent aussi à trouver de nouvelles armures (ou croisement de fils) ou encore de nouveaux formats de foulards et de nouvelles finitions.
Après validation des tests et des modèles retenus pour la collection, je finalise les colorisations grâce au nuancier, puis transmets les fiches techniques aux équipes de Banteay Chhmar qui vont se consacrer à la production.


Quel est le foulard Soieries du Mékong dont tu es la plus fière ? 

 Cette saison, j'aime particulièrement l'Etole Losamix, joyeux patchwork de losanges et de chevrons colorés ; pour son mélange de matière en soie, laine et cachemires ; et ses couleurs douces dans les tons gris et vert sauge. La mise au point du tissage et du motif a été particulièrement ardue et je félicite au passage les équipes de Banteay Chhmar pour avoir été si patientes et appliquées durant les tests et la production.

 losamix bleu

Le Losamix, nuances de bleu et de gris

Et pour finir… si tu devais résumer Soieries du Mékong en 3 mots ?
Authenticité. Patience. Qualité.

 

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